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Manger végétal à Paris quand on est étudiant
Paris coûte cher, mais ses marchés, ses rayons vrac et le resto U rendent l'assiette végétale plus simple qu'on ne le croit. Voici comment t'organiser dès la rentrée, quand le loyer a déjà pris sa part du gâteau.
Les marchés découverts, en fin de matinée
À Paris, presque chaque quartier a son marché découvert, deux ou trois matinées par semaine. C'est là que les légumes de saison coûtent le moins, à condition de choisir le bon moment. En début de matinée, tu paies la fraîcheur et le choix. En fin de matinée, quand les maraîchers commencent à remballer, les cagettes de tomates bien mûres, les salades qui ont pris le soleil et les lots de courgettes partent à prix doux. Inutile de marchander comme dans un film : une question polie (« vous faites un prix sur le reste ? ») suffit souvent.
Les jours et les horaires changent d'un marché à l'autre, parfois d'une saison à l'autre. Plutôt que de te fier à ce qu'un ami t'a raconté l'an dernier, garde sous la main le calendrier des marchés de Paris, jour par jour, et repère les deux ou trois qui tombent sur ton trajet entre la résidence et les cours. Entre Belleville, Barbès et les Batignolles, l'ambiance n'est pas la même, les prix non plus : fais le tour avant d'adopter le tien.

Un conseil de vieux routier : pars avec une liste courte et un budget en liquide. Le marché est l'endroit idéal pour craquer sur trois sortes de champignons dont tu ne sauras rien faire. Avec vingt euros en poche, tu choisis mieux.
Le vrac, pour acheter juste ce qu'il faut
Les rayons vrac sont faits pour les petites cuisines. Tu prends 300 g de lentilles corail, 500 g de riz, une poignée de graines de courge, et tu repars sans paquet géant qui encombre l'étagère pendant six mois. Garde deux ou trois bocaux propres et un sac en tissu au fond de ton sac à dos : tu les remplis au passage, entre deux cours.
Les légumes secs, les flocons d'avoine, les pâtes et le couscous sont souvent moins chers au kilo en vrac qu'en paquet, mais pas toujours. Regarde le prix au kilo sur l'étiquette plutôt que le prix affiché en gros.
Les supérettes, pour le dépannage
La supérette en bas de chez toi est pratique, rarement économique. Elle a pourtant ses bons rayons : conserves de pois chiches et de haricots, tomates pelées, tofu nature, légumes surgelés, bananes. Ces basiques ne coûtent pas beaucoup plus cher qu'ailleurs. En revanche, les plats préparés, les galettes « façon » ceci ou cela et les petits pots de houmous font grimper la note à toute vitesse.
Fais-y l'appoint, pas le gros des courses. Pour savoir quels produits valent le coup et lesquels sont de l'argent jeté, la page sur manger végétal avec un petit budget entre dans le détail, prix au kilo compris.
Le resto U, la base de la semaine
Si tu as accès à un resto U, sers-t'en sans complexe. Un repas complet à tarif social coûte quelques euros, avec une option végétale presque tous les jours dans la plupart des salles et des cafétérias. Ce n'est pas de la grande cuisine, mais c'est chaud, varié, et ça t'évite de cuisiner tous les midis. Le soir, il ne te reste qu'un repas simple à préparer.
Composer un plateau qui tient jusqu'au soir demande un peu de méthode : une légumineuse ou du tofu, une céréale, des légumes, un fruit. Les astuces pour lire le menu et éviter le plateau « frites et dessert » sont dans le resto U côté végétal.
Cuisiner dans ta chambre
Une plaque électrique, une casserole avec couvercle, une poêle, une planche et un couteau qui coupe vraiment : c'est tout ce qu'il faut. Le frigo partagé du couloir, lui, est un territoire à part, avec ses disparitions inexpliquées. Range tes restes dans des boîtes fermées, ton prénom au feutre sur le couvercle, et privilégie ce qui se garde hors du froid : légumineuses sèches, céréales, oignons, ail, pommes de terre, courges.
Une casserole de lentilles préparée le dimanche couvre trois repas du soir, avec trois assaisonnements différents pour ne pas te lasser. Pour tirer le meilleur de dix mètres carrés et d'une seule plaque, lis cuisiner dans une chambre de résidence.
Un panier type pour une semaine
Voici une semaine réaliste pour une personne qui déjeune au resto U cinq jours sur sept et cuisine le soir et le week-end. Les quantités sont des ordres de grandeur, à ajuster à ton appétit.
| Où | Quoi | Pour |
|---|---|---|
| Marché, fin de matinée | 1 kg de tomates, 2 courgettes, 1 salade, 1 kg de pommes, quelques bananes | Salades, poêlées, desserts |
| Vrac | 500 g de lentilles vertes, 300 g de lentilles corail, 500 g de riz, 250 g de flocons d'avoine | Mijotés, soupes, petits-déjeuners |
| Supérette | 2 boîtes de pois chiches, 1 bloc de tofu nature, 1 boîte de tomates pelées, 1 sachet d'épinards surgelés | Repas express du soir |
| Placard | Huile d'olive, cumin, curry, sel, poivre, ail, oignons | Donner du goût à tout le reste |

Compte en gros 20 à 30 € pour l'ensemble, selon le marché et la saison, hors placard de départ. Les épices piquent un peu la première fois, puis durent des mois. Côté boissons, l'eau du robinet fait très bien l'affaire, le café filtre revient bien moins cher que les capsules, et une brique de boisson végétale nature à l'avoine ou au soja tient la semaine si tu la réserves au café et au porridge.
Le bon réflexe. Écris trois idées de dîners avant de faire les courses, pas après. Le reste s'improvise avec ce qui traîne dans le panier.
Le premier mois, tu tâtonnes, tu jettes une demi-salade oubliée, tu achètes trop de riz. C'est normal. Au bout de quelques semaines, le trajet marché, vrac, supérette devient une routine, et ton assiette végétale te coûte moins cher qu'un sandwich par jour.
Repères de cuisine et de budget, pas un avis de santé : pour une allergie ou un régime particulier, demande conseil à un professionnel.