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Batch cooking
Le batch cooking du dimanche : deux heures pour tenir la semaine
Cuisiner tous les soirs après les cours, c'est la théorie. En pratique, deux heures le dimanche suffisent pour tenir trois ou quatre soirs sans pâtes au beurre. Voici la méthode, du carnet aux boîtes.
Pourquoi le dimanche, et pourquoi en novembre
En novembre, les journées raccourcissent, les partiels approchent et l'envie de cuisiner à 20 h en rentrant de la bibliothèque tombe à peu près à zéro. C'est exactement le moment où les pâtes au beurre deviennent un mode de vie. Le batch cooking, littéralement « cuisiner par lots », propose l'inverse : tu bloques deux heures le dimanche, tu prépares des bases, et les soirs de semaine tu n'as plus qu'à assembler et réchauffer.
L'idée n'est pas de manger le même plat cinq fois de suite. On vise trois ou quatre soirs, avec des éléments qui se combinent autrement. Une marmite de lentilles ne donne pas un seul plat : elle donne un bol tiède le lundi, une salade le mardi, une sauce épaissie le jeudi.
Planifier sur un carnet avant de toucher une casserole
Tout commence assis, avec un carnet et un crayon. Dix minutes de planification évitent une heure de flottement devant le plan de travail. Note trois colonnes : ce qu'il reste dans le placard, ce que tu vas acheter, et les soirs où tu mangeras vraiment chez toi.

Ensuite, la règle des quatre briques : une base (une céréale : riz, boulgour, pâtes, quinoa), une légumineuse, des légumes rôtis ou en sauce, et une sauce. Avec ces quatre éléments, tu fabriques des combinaisons sans recuisiner. Écris en face de chacun la quantité visée : pour trois ou quatre soirs, compte environ 300 à 400 g de céréale crue et 250 à 300 g de légumineuses sèches, ou deux à trois bocaux déjà cuits si le temps manque.
Côté courses, le week-end parisien a ses atouts : les fins de marché, où certains vendeurs bradent leurs cagettes, et les rayons vrac, pour acheter juste la quantité de lentilles ou de pois chiches dont tu as besoin. Les astuces pour garder la note légère sont rassemblées dans la page consacrée au petit budget.
L'ordre des cuissons : commencer par ce qui est long
Le secret d'un dimanche efficace tient dans l'ordre. On lance d'abord ce qui cuit longtemps sans surveillance, puis on remplit les temps morts avec ce qui demande des mains.
- Les légumineuses en premier. Les pois chiches ou les haricots secs trempés la veille partent sur le feu dès le début ; les lentilles vertes, plus rapides, peuvent attendre une demi-heure. Les trempages et les temps de cuisson sont détaillés dans le mode d'emploi des légumineuses.
- Le four ensuite, si tu en as un : une plaque de légumes coupés en morceaux réguliers (courge, carottes, oignons, chou-fleur), un filet d'huile, du sel, et on oublie quarante minutes.
- La céréale pendant que le reste cuit.
- Les sauces à la fin, souvent à froid, pendant que tout refroidit.
Sans four, pas de drame : les légumes passent en sauce dans une sauteuse, avec une boîte de tomates concassées et des épices. Deux plaques suffisent, à condition de bien enchaîner. Tu trouveras d'autres ruses pour cuisiner avec deux plaques en résidence.

Un exemple de dimanche, étape par étape
Voilà à quoi ressemblent concrètement deux heures bien remplies, pour trois à quatre soirs.
| Étape | Durée | Pour |
|---|---|---|
| Mettre les pois chiches trempés à cuire | 5 min, puis environ 1 h 15 de cuisson | Bols, salade, sauce tomate |
| Éplucher et couper courge, carottes, oignons | 20 min | La plaque du four |
| Enfourner les légumes | 40 min de cuisson | Bols et accompagnements |
| Lancer les lentilles vertes | 25 min de cuisson | Salade tiède du mardi |
| Cuire le riz ou le boulgour | 15 à 20 min | La base des bols |
| Préparer une sauce tahini-citron et une sauce tomate | 20 min | Changer de goût chaque soir |
| Laisser tiédir, répartir en boîtes, laver | 20 min | Frigo et congélateur |
Les durées se chevauchent : pendant que les pois chiches mijotent, tu coupes ; pendant que le four tourne, tu fais les sauces. C'est ce qui fait tenir l'ensemble dans deux heures.
Conserver au frais : des boîtes et un peu de prudence
Une fois cuit, on laisse tiédir sans traîner, puis on range au réfrigérateur dans des boîtes hermétiques, de préférence une boîte par élément plutôt qu'un grand mélange. Les plats cuisinés maison se gardent en général deux à trois jours au frais ; au-delà, mieux vaut se fier à la prudence qu'à son nez. C'est aussi pour cela qu'on vise trois ou quatre soirs, pas sept.
Date les boîtes au feutre et garde les sauces à part : la salade de lentilles du mardi n'a pas à baigner dans la vinaigrette depuis dimanche.

Congeler en portions pour la fin de semaine
Ce que tu ne mangeras pas avant mercredi part au congélateur, en portions individuelles. Les légumineuses cuites, les sauces tomate, les mijotés et les soupes se congèlent très bien ; la céréale aussi, même si le riz ressort un peu plus sec. Les crudités et l'avocat, en revanche, ne supportent pas l'aventure.
Le bon réflexe. Congèle à plat, dans des sachets ou de petites boîtes : ça décongèle plus vite, au frigo la veille, et ça prend moins de place dans le minuscule tiroir du congélateur partagé.
Assembler sans s'ennuyer
Le vrai bénéfice arrive le soir. Lundi, un bol riz, pois chiches, légumes rôtis et sauce tahini. Mardi, une salade tiède de lentilles, oignon cru et herbes. Mercredi, les pois chiches restants dans la sauce tomate avec du cumin, sur le boulgour. Jeudi, ce qui reste, sorti du congélateur, avec un œuf au plat ou quelques tranches de tofu poêlé.
Pour varier les sources sans te compliquer la vie, garde sous la main quelques repères sur les protéines végétales. Et ne vise pas la perfection dès le premier dimanche : le deuxième sera plus rapide, le troisième presque automatique.
Repères de cuisine et de budget, pas un avis de santé : pour une allergie ou un régime particulier, demande conseil à un professionnel.